Techniques efficaces d’extinction de feu de forêt

Extinction de feu de forêt

Publié le : 18 octobre 20216 mins de lecture

Contrôler, maîtriser et éteindre un incendie de forêt peuvent se faire par de nombreuses techniques. Le premier qui vient à l’esprit est la suppression du combustible. On peut également empêcher l’arrivée de l’oxygène, souffler les flammes ou refroidir le combustible pour affaiblir sa température en dessous de celle de la combustion et de l’inflammation.

Supprimer le combustible

Que faire contre un feu de forêt ? L’eau est le moyen d’extinction le plus répandu, mais il y a aussi d’autres procédés encore méconnus du grand public. La première technique qui est la suppression du combustible est la plus utilisée. Celle-ci consiste à éliminer les végétaux et leur litière au préalable de l’incendie sur une bande. Sa largeur varie selon l’ampleur du feu à stopper. Aux États-Unis, les secours doivent nettoyer jusqu’au sol minéral une bande de largeur équivalente à 1,5 fois la hauteur des flammes. Lorsqu’il n’y a plus de combustible, l’incendie s’arrête.

En France, cette méthode se repose sur l’utilisation d’engins pour mettre en place des lignes d’arrêt du feu pour les brûlages dirigés ou en vue d’éteindre les incendies sauvages. Elle est surtout efficace sur les feux de puissance faible sis dans une zone à végétation basse. Le combustible peut disparaître selon des méthodes variées. Ce feu « tactique » requiert l’usage d’un pare-feu créé pour l’occasion ou un pare-feu déjà en place et mérite une vigilance particulière. Avec un engin dénommé « Dragon », on peut ériger deux pare-feu à hauteur parallèle via des socs. L’objectif est de brûler la végétation entre elles en conservant une réserve d’eau pour gérer les étincelles.

Contrecarrer l’alimentation des flammes en oxygène

Empêcher l’alimentation de l’oxygène consiste à recouvrir le combustible de sable, de terre ou de produits spécifiques comme les particules et les mousses. L’eau est projetée via un brumiseur ou un gaz inerte. On assiste alors à la formation d’un aérosol où la portion d’oxygène est faible par rapport à celui présent dans l’air ambiant. Néanmoins, le remplacement de l’air par de l’eau présente un risque de brulure pour les victimes et les intervenants. Une fois que le feu ne dispose plus d’oxygène, il ne brûle plus et s’éteint de lui-même.

Cette technique est adoptée dans une zone assez limitée où on peut étouffer le feu dans une surface de grande envergure. Cette méthode est moins efficace, car on ne peut pas approcher les flammes de trop près et le vent dissémine l’aérosol d’une manière facile.

Souffler les flammes

Cette technique permet de chasser les flammes et le combustible à l’aide de matériel incendie, à savoir les balais métalliques, les battes à feu, les branchages verts et les outils dédiés à cet effet. La frappe du combustible génère une dilution des gaz de pyrolyse et la suppression de la flamme qui reparait dès que les brandons sont chauds. Cette frappe ne doit pas s’arrêter jusqu’à ce que les braises soient froides. Toutefois, les secours doivent rester concentrés étant donné que si le vent souffle trop, il peut revigorer une braise. Résultat : les flammes se reforment et le feu peut reprendre et continuer sur sa lancée.

Le matériel incendie est utilisé en complément de l’arrosage des flammes en France. Il intervient également lorsque l’eau ne peut pas être employée. Les outils de frappe sont fiables et efficaces sur les feux de faible ampleur qui se déplacent doucement dans une végétation rase. Pour expliquer plus clairement cette technique, si vous soufflez sur de la braise, le gaz chaud se déplace et les poussières qui constituent la flamme sont écartées de la zone qui brûle. Aucune réaction ne doit se passer, il n’y a plus de combustible, l’incendie est éteint.

Réduire la température du combustible

Il s’agit ici de projeter de l’eau (plus ou moins vaporisée). La phase d’évaporation absorbe une quantité importante de chaleur. Ainsi, la température de l’aérosol, des flammes, de l’air et du combustible est réduite. Il est à noter que la quantité d’eau nécessaire pour éteindre un feu est de plusieurs litres, plus précisément des dizaines de litres par mètre de front de feu. À titre d’exemple, pour un incendie de puissance 1 0000 kW/m, il faut envoyer 30 litres d’eau par mètre de front en 30 secondes dont 2/3 dans le vert et 1/3 dans le brûlé. Si les intervenants se servent de lance à incendie, il faut tenir compte des petites pertes en cours de route. L’ajout de produits chimiques tels que les retardants et les moussants dans l’eau va renforcer l’efficacité de l’arrosage. En France, cette méthode est très pratique grâce à la facilité d’accès sur le territoire. Dès qu’un incendie de forêt est détecté, une multitude d’engins est envoyée à la rescousse. Il est approprié de projeter l’eau sur un petit feu qui vient d’apparaître ou sur un feu de faible puissance dans une végétation basse. Cependant, si la cible n’est pas touchée et l’eau tombe dans le brûlé, le souffle peut engendrer des braises et des étincelles en avant du feu.

Par ailleurs, le largage d’eau par avion ou par aéronef peut aussi intervenir, mais en cas d’incendie de grande ampleur. Il semblerait que la technique la plus adéquate est la projection d’eau additionnée de 54 Photo DDSIS Hérault produit retardant ou moussant au préalable du front du feu. Cela crée donc une clôture humide. L’incendie perd sa puissance et les secours au sol peuvent agir plus aisément.


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